Interview de Jungle by night @ La Flèche d'or

Ils sont 9 et jouent de l'afrobeat. Moyenne d'age 20 ans, cette bande de potes néerlandais est déjà adoubée par Tonny Allen. Le groupe catapulté en première partie des concerts de Mayer Hawthorne et The Roots & John Legend était à la Flèche d'or le 29 avril dernier. Jungle by night, c'est chaud et ça envoie du palmier.

 

Cet éclectisme est quasiment anachronique. Il viennent d'Amsterdam, ils sont mignons, tout blonds et habillés de petites chemises très sages. Pas tout à fait l'image que l'on se fait de l'afrobeat. Et pourtant, quand ces 9 là se mettent à jouer, c'est le raz de marée.

Au compteur, presque deux fois plus d'instruments que de musiciens. 4 claviers pour un seul homme, des percus en tous genres, guitare, basse et cuivres. Entre deux solos d'orgue hypnotiques et électriques, Pyke Pasman replace sa petite mèche. Le large sourire est la tenue officielle de la soirée, sur scène et dans la salle.

Nous avons tenté de prolonger le plaisir en approchant les bêtes de scène dans la jungle de la terrasse enfumée de la Flèche d'or. Interview très 'grüte' :

 

 

Nous étions avec Jac van Exter (guitare) et Pyke Pasman (clavier), puis Ko Zandvliet (trombone).

Chez Watt : Vous êtes 9. Qui est le chef ?

Pyke : C'est justement ce qu'il y'a de spécial avec notre groupe. Il n'y a pas de chef. C'est démocratique, on est tous impliqués, on discute, chacun a son mot à dire.

CW : C'est pas plutot l'anarchie, ça?

Pyke : Disons que c'est l'anarchie avec un peu de démocratie.



CW : Mais alors pourquoi il n'y en a que deux d'entre vous qui se coltinent l'interview avec une radio pas connue, pendant que les autres fument et boivent des bières avec leurs potes ?

Pyke : Parce que vous m'avez demandé et que lui, ben… il était à côté de moi à ce moment là.



CW : On avait une question pour le tromboniste…

Jac : Oh, on peut l'appeler. Ko !! (prononcer "Coach", ndr) Interview !! (prononcer "intelviouch", ndr)

CW : Coach ? Mais donc vous avez un chef, quand même… Bon bref. Ko, tu as déjà blessé quelqu'un avec ton trombone ?

Ko : Oh ouais… C'était à Bruxelles, un endroit comme ici, assez roots avec beaucoup de monde… Dont un mec bourré. Je ne l'avais pas remarqué et… Bim, je lui ai mis un coup ! Il a commencé à appeler ses potes "Hey ! This motherfucker hit me with his slide !". Il a essayé de m'attraper et me criait des trucs mais je ne comprenais rien.
Jac : Une autre fois c'était une femme assez âgée qui était face à lui, mais c'était… différent. Elle disait plutôt : "Ho hit me, darling, hit me with it"… C'était assez embarrassant.

 

CW : Ha… âgée comment ?

Jac : 40, 50 ans… C'est assez vieux. Pour nous.

CW : Quelle est votre limite d'âge pour sortir avec quelqu'un ?

Jac : A vrai dire, Ko n'a pas de limite d'âge, lui.
Ko (distrait, n'écoutait pas trop) :  Quoi ? Ma limite d'âge ? Pour sortir avec quelqu'un ou pour coucher avec quelqu'un ? Mon maximum c'est 46 ans pour le moment. Mais … Attendez, où est ce qu'elle est diffusée cette interview ? Je veux lire ce que vous allez écrire ! Vous êtes un blog, ou quelque chose comme ça ?

CW : On est une webradio et un site.

Ko : Une radio ? On est en live là ?!

 



CW : Non, ne t'en fais pas ! Autre question : Vous avez tous 20 ans et vous jouez de la musique des années 70. Est ce que vous venez du passé et si oui, où est votre DeLorean volante ? Et comment fonctionne-t-elle ?

Ko : En fait, la construction de cette machine à voyager dans le temps nous a pris deux ans et … c'est plutôt secret donc on ne peut pas en parler.

CW : Ok, donc vous êtes connus dans les 70, je suppose. Avec qui jouez-vous en ce moment dans les 70's ?

Ko : "En ce moment, dans les 70's"…

CW : Oui. C'est pourtant clair, non ?

Ko : Oui, oui, c'est très clair.  Et bien nous jouons avec Mulatu Atsatke, Fela Kutti, des groupes de Cumbia… et 2 Pac, aussi.

La Flèche d'Or : On ferme dans 20 minutes, les gars.

CW : Bon, il reste deux questions. Ca passe ?

Ko : Oui oui, continuons, j'aime beaucoup cette interview.
Pyke : On pourrait peut être prendre notre machine à voyager dans le temps et revenir un peu en arrière pour avoir plus de temps !



CW : Bonne idée ! Et sinon : Vos compositions sont uniquement instrumentales. Pourquoi vous ne chantez pas de petites chansons d'amour comme tous les jeunes de votre âge ?

Pyke : Mais on joue des chansons d'amour instrumentales !
Jac : C'est un langage universel.
Ko :  On ne se cantonne pas à une seule langue. Ca parle à tout le monde. Tu l'as compris toi, non ? (Ko s'adresse à Audrey)

CW - Audrey : oh, oui… Je suis tombée amoureuse de chacun d'entre vous.

- Le groupe se met à chanter en coeur une chanson Néerlandaise dont le refrain est "Amor, Amor, Amor". Étrange et très drôle. -


CW : Votre titre "Attila" tire vers la house et le dernier morceau du set était plus rock. Vous avez prévu de continuer à mixer les genres, dans le futur ?

Ko : Dans le futur, on ne peut pas savoir car notre machine à voyager dans le temps ne va que dans le passé maintenant. Et cela prend 5 ans pour construire une machine qui va dans le futur. C'est le problème.
Pyke : Mais rendez-vous dans 5 ans pour le savoir !
Ko : Ouais ! Faisons une nouvelle interview, dans 5 ans, sur cette table !! Rendez-vous à la même date en 2019 !


CW : On sera là. Merci et à bientôt ! (échange de bises. Pour info, la bise se fait par 3 aux Pays-Bas).

 

Jungle by night sera de nouveau en France ici et là :

27 JUN 2014, VIENNE - JAZZ A VIENNE

28 JUN 2014, MULHOUSE - BETES DE SCENE FESTIVAL

03 JUL 2014, ORLEANS  

04 JUL 2014 LAVAL - AU FOIN DE LA RUE

 


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